Vie associative & culturelle

Patrimoine

le Clos Saint Antoine

C'est, près de l'église,  une maison ancienne qui, aux environs  du XVIe siècle, avait appartenu à l'ordre des Géno-véfains . A l'ombre  du vieux clocher de pierre, le prieuré des moines s'est vu adjoindre  différentes constructions modernes ou transportées et reliées entre  elles par des enclos gazonnés. La tour du pigeonnier, au toit de tuile,  domine la grande salle et le cloître, qui provient de l'ancien marché  aux blés de Beauvais. Au centre des chemins de pierre en forme d'étoile  se dresse un ange de bronze du XIIe siècle, qu'entourent des peupliers.  Quelques gradins de pierre au milieu d'un muret donnent accès à la  seconde cour intérieure. 

    

En 1929, un américain, M. Montgomery, antiquaire de grand  talent, achète près de l'église plusieurs bâtiments regroupant ainsi  l'ancienne poste et une ancienne ferme dont on voit la lourde porte  cochère.
Sur cet ensemble réuni, sur cet emplacement qui dépendait  peut-être du prieuré de l'église à en juger par les caves voûtées, M.  Montgomery fait aménager, par Messieurs Lemaingre et Martin,  artisans-maçons à Feucherolles, une tour, un cloître et des salles où il  expose les meubles et objets à vendre. Ainsi naît le clos St-Antoine.

La tour qui ressemble tant à un pigeonnier du XVIIe siècle, date de 1930.


Vers 1938, repartant pour les Etats-Unis, M. Montgomery vend l'ensemble àMme Bienaimé, parfumeur, qui cède rapidement l'ensemble à Mlle  Germaine Delsalle : celle-ci reconvertit l'ensemble en hostellerie de  grande renommée.

Aujourd'hui, le Clos St Antoine est une propriété privée. 

le blason de Feucherolles


Ce blason est une composition faite avec les armes des Briçonnet d'une  part, qui furent Seigneurs de Feucherolles au XVIe et XVIIe siècles, et  des La Salle d'autre part, qui furent pendant plusieurs générations  Gouverneurs des Châteaux de Saint-Germain, et de Sainte-Gemme, et enfin  de la fleur de lys et la forteresse en couronne rappelant le château  royal de Sainte Gemme.

l'église Sainte-Geneviève

L'église Sainte-Geneviève date des XIe et XIIe siècles  et même art roman et premier âge gothique. La puissante assise du  clocher est un faux transept constitué de piliers carrés supportant une  voûte d'arête. Deux grands arcs en plein-cintre ouvrent sur le choeur.  D'étroits bas côtés, voûtés d'ogives et éclairés faiblement par des  ouvertures en forme d'oculus, s'élèvent sur ce plan roman. Un élégant  clocher roman signale l'église de loin. Le décor sculpté est sobre :  chapitaux romans des grandes arcades supportent le clocher, chapiteaux  "à feuille d'eau" de la nef et des collatéraux.

    

Quelques statues polychromes ont été inscrites à l'inventaire  des Monuments Historiques : statues de la Vierge et de Ste-Claire datant  du XVè siècle et celle plus ancienne de St-Denis.

L'Eglise de Feucherolles a été classée monument historique par les Beaux Arts en 1886. 

le Presbytère

Lorsque le 7 messidor en X, (25 juin 1802) le préfet enjoint aux maires  d'interdire l'exercice de leurs fonctions de ministre catholique aux  prêtres qui sont mariés, le maire doit chasser notre curé : il a pris  femme. Quant au père Boyer, envoyé par l'évêque en remplacement, il  refuse de se fixer à feucherolles car "il n'y a pas de presbytère et de  logement convenable à lui proposer". Le 16 octobre 1810, Louis Million  fait donation à la commune d'un terrain de 1 are 96 centiares pour y  construire le presbytère.

Sainte-Gemme, résidence des Rois de France

Par Any Allard, professeur d'Histoire, co-auteur du livre « Feucherolles-Ste Gemme » avec Henri Euvé.

    

Il y a quelques mois, Jean-Pierre Euvé a  fait don à la commune de Feucherolles de flèches de silex et de pièces  de monnaie attestant l’occupation ancienne du territoire de notre  commune. Il a ajouté à cette donation un parchemin du futur roi de  France Jean II le Bon, lettre datée de 1344. C’est un élément fort  intéressant pour mieux connaître l’histoire du village : il prouve, sans  conteste que Ste Gemme était lieu de résidence royale. C’est aussi un document fort intéressant pour l’Histoire  car les lettres autographes de Jean le Bon sont rares.
De plus, une découverte en appelant une autre, j’ai eu l’immense  satisfaction de découvrir une représentation de la chapelle de Ste  Gemme, détruite à la fin de la Révolution, représentation datant du  milieu du règne de Louis XIV.

Pour tenter de répondre aux  interrogations que Jean-Pierre Euvé soulève dans le bulletin de la commune n° 24 (juillet  2007) quant à la chapelle mentionnée dans ce manuscrit, il faut revenir  au Moyen Age, vers l’an Mil : passé lointain et mystérieux. Les  documents, rares et épars sont souvent fragmentaires et difficiles à  lire même pour le paléographe, comme en témoigne le parchemin déposé à  la mairie.         

  

  Parchemin de Jean II le Bon - 1344

         

Ce legs donne ainsi l’occasion de faire le point sur le  château et les chapelles de Ste Gemme ainsi que sur la situation de  l’ancien cimetière de Lanluet, « les » chapelles car celle que  tous les promeneurs connaissent, semble être la troisième chapelle sur  le territoire de Ste Gemme. Quant à la paroisse de Lanluet, elle avait  son église et son cimetière jusqu’à sa réunion avec la paroisse de  Feucherolles en 1806, réunion des deux paroisses qui a précédé celle des  deux communes en 1818.


Ste Gemme, son château et ses chapelles

Vers l’an Mil, le domaine royal occupe peu d’étendue. Il est  disséminé entre Montreuil-sur-mer et Orléans. Les Rois de France n’ont  de cesse d’agrandir ce domaine, par union matrimoniale principalement,  mais ils cherchent aussi à le préserver des empiètements des grands  seigneurs, leurs vassaux et voisins, souvent alliés à l’ennemi. 

  


Plan de Feucherolles et
Lanluet Ste Gemme, milieu XVIIIème

        


Dans la première moitié du XIème siècle, la construction des  châteaux forts se multiplie. C’est le noyau de la seigneurie, le siège  et le signe du pouvoir, comme l’explique Georges Duby. Mais c’est aussi  un moyen de défense.

Sur le territoire de Ste Gemme s’élève un château royal : « l’hostel » de Feucherolles  dont il est question dans le manuscrit. Les rois possèdent alors de  nombreux châteaux sur leur domaine car ils sont en perpétuelle errance :  ils sont en effet seigneurs sur leur domaine et entendent marquer leur  pouvoir par leur présence, à un moment où aucun moyen d’information  n’existe.

La construction de ce château, comme celle de la plupart des  châteaux du Moyen Age, est difficile à dater. Cependant, il est très  facile à situer : la carte des chasses de Louis XIV en précise les  fossés par des pointillés et le cadastre dit napoléonien de 1819 en  marque l’emplacement, en le nommant même : « Emplacement du château de  Ste James ». Aujourd’hui, une petite voie qui donne rue de la mare  Jeanne, se nomme « l’impasse du château ».


  

Plan cadastral  


Construit à la lisière de la forêt, la place forte fait partie  de la ligne de défense voulue par les Rois pour protéger leur domaine :  elle est reliée par des souterrains au château de Retz en forêt,  lui-même relié à la Montjoie, autre demeure royale en forêt de Marly.

Ce château, tout comme la tour de Feucherolles dont on  trouve aussi l’emplacement sur la carte des chasses de Louis XIV, a  vraisemblablement été ruiné au moment de la guerre de Cent Ans, les  Anglais ayant occupé la contrée jusqu’en 1438. C’est de là que date la  transformation du nom du village qui passe de Ste Gemme à St James !

La ferme de Ste Gemme, à l’entrée de la forêt, est construite  en partie avec les pierres issues de la démolition du château.

         

L’Histoire a retenu le nom de ce château puisque c’est là que le Roi de France Jean II le Bon (1350-1364) se remarie avec Jeanne d’Auvergne le 9 février 1350,  sa première femme, Bonne de Luxembourg ayant succombé à la peste noire  en 1349. Il faut signaler que les manuscrits médiévaux qui parlent du  château royal de Ste Gemme le situent à Feucherolles, alors que Ste  Gemme est rattachée plus tard à la paroisse de Lanluet.

Le manuscrit cédé par J-P Euvé à la commune est une lettre de  ce Jean, fils du Roi de France, Philippe VI de Valois et lui-même, futur  Jean II le Bon. Cette lettre est  datée de Février 1344 : année de trêve dans la Guerre de Cent ans.

Il est naturel, à cette époque, que les souverains s’expriment  par lettre, notamment pour communiquer des ordres. L’écriture du futur  roi est régulière et les lettres bien formées. Mais pour la  compréhension du texte, il faut se limiter aux données factuelles, les  expressions employées s’étant modifiées au fil du temps.


Transcription du manuscrit de 1344

Jehan ainsné (aîné) fils du Roy de France, Duc de Normandie Comte de Poitiers d’Anjo (Anjou) et du Maine, au Bailli ou au Vicomte de Roan (Rouen )

"Salut !
Nous vous mandons et a chacun de vous que trente livres de  bois a tours (référence aux livres tournois) lesquels nous avons donné  et donnons ceste fois de grâce espéciale à notre amé (aimé) l’aumosnier  de notre très cher seigneur et père pour l’édifiement d’une chapelle que  il fait faire en son hôtel a Feucheroles. Vous le bailliez et délivrez  ou faites baillier et délivrer sur un des marchans d’annones de nos  forez de votre bailliage et vicomté en rabatant a yceluy marchant les  dites trente livres de ce en quoi il sera ou pourra estre tenu à nous   pour cause des ventes ou marchés de nos forez et nous voulons aussi que  les dites trente livres estre alloé (allouées) ou compté et rabatues de  la recepte de vous  ou de celuy de vous a qui il apprendra par les gens  des comptes a paris (référence aux livres parisis) sens aucun contredit.  Non contestant ordenons défense ou mandement contraire ne autre dons et  graces que notre dit seigneur et père et nous avons autre fois fait au  dit aumosnier. Donné à Tiars (Tiers ? Thiais ?). Le XVII° jour de  février l’an de grace mil  trois cent quarante quatre."


Par le …? du commandement le Roy
Jehan


Il leur demande de donner « trente livres de bois » à l’aumônier de son père, le Roi de France pour« l’édifiement » d’une chapelle en son hôtel (le château) de Feucherolles.  Les livres sont alors la monnaie de compte : on voit bien, à la lecture  de la lettre la coexistence sur le territoire français de la livre de  Tours (livre tournois) et de la livre de Paris (livre parisis), et ceci  jusqu’à ce que la livre tournois l’emporte en 1667. 


         

  Jean II le Bon, Reproduction d'un panneau de bois aux environs de 1350.

     

Mais le plus intéressant pour notre village, c’est que cet  aumônier si cher au cœur du Roi et de son fils (il est qualifié  d’ «aimé », il a déjà reçu des « dons et des grâces ») était alors un  certain …… « Guillaume de Feucherolles » !

Selon les règles régaliennes, c'est-à-dire, les droits  inhérents à la monarchie, tous les bois et les cours d’eau appartiennent  au Roi qui en dispose comme il veut. Ainsi Jean dit « nos » forêts de  « votre » bailliage. Il est donc vraisemblable que Jean, au nom de son  père, cède une partie de bois à l’aumônier en échange de la construction  d’une chapelle. Les archives ont conservé une multitude d’actes passés  par les rois et les seigneurs faisant don de terres, de dîmes, de  rentes, d’objets saints, de pierres précieuses, de reliquaires…..au  clergé., ce qui explique la présence de telles lettres dans des fonds  privés n’ayant pas fait l’objet de séquestres révolutionnaires.

C’est vraisemblablement dans cette chapelle que Jean II se mariera 6 ans plus tard.

Cependant à en croire l’abbé Gauthier, membre de la commission  des Antiquités et des Arts de Seine et Oise, qui écrit une notice  historique sur le hameau de Ste Gemme en 1892, c’est Robert le Pieux qui  aurait construit une chapelle près du château en 1030. C’est possible,  puisque après bien des déboires avec la papauté du fait de son mariage  avec sa cousine, Berthe de Bourgogne, Robert cléricalise la fonction  royale : il préside des assemblées de paix, lutte contre les hérétiques  et fait construire ou reconstruire de nombreuses églises, notamment à  Poissy. 

         

Le château de Ste Gemme a fort bien pu être construit au temps  de Robert le Pieux (996-1031) à un moment où la construction de  châteaux forts se multipliait comme signalé précédemment et être ensuite  demeuré résidence royale. Mais la notice de l’abbé Gauthier comporte  quelques erreurs attestées par des actes datant de la révolution  notamment.

Alors est-ce la chapelle de Robert le Pieux qu’il s’agit de  rebâtir  en 1344 ou d’une autre chapelle dont il est question dans le  manuscrit du futur Jean le Bon ? Le mot « édifiement » fait plutôt  penser à une édification plutôt qu’une reconstruction. 

         

Toujours est-il qu’il y avait, avec certitude, une chapelle auprès du château, chapelle qui a vu au moins un mariage royal et chapelle qui a disparu en même temps que le château vraisemblablement.

La seconde chapelle qu’aient connue les habitants de  Ste Gemme est plus facile à situer car elle apparaît nettement sur les  cartes des chasses de Louis XIV, dans l’atlas de Trudaine vers 1750, sur  une carte particulière de la forêt de Marly à la même époque  et sur le  plan d’intendance du village levé en 1787. Son emplacement apparaît le  plus clairement sur un plan de Feucherolles et Lanluet conservé aussi  aux Archives départementales, datant du XVIIIème siècle. L’église de  Lanluet y est aussi indiquée. A noter que la croix qui est toujours sur  la place des marronniers était alors appelée la croix Ste James. 

      

  

Plan des paroisses de Feucherolles
et Lanluet Sainte James, XVIIIème siècle



         

Le procès-verbal de la vente des biens  nationaux du clergé la situe « sur 1,20 arpent de terre, fermé de haies  vives borné d’un côté par le chemin conduisant à la fontaine du Roseau,  d’autre part, le chemin de Feucherolles et, au midi, par une terre  appartenant à Vavasseur et à François Montreau. »


Chapelle de Ste Jame

Mais le plus satisfaisant est de pouvoir voir cette  chapelle telle qu’elle était en 1683 ! Ce dessin qui mentionne aussi la  source de « Ste Jame » se trouve dans un dossier des Archives nationales  concernant la conduite des eaux du Parc de Versailles : en effet à  cette époque, Vauban étudie la possibilité d’amener les eaux de l’Eure  pour résoudre le problème toujours épineux de l’eau au château. 

La chapelle se trouvait  donc au Sud du terrain qui fait  l’angle de la route de Poissy et de la rue de la Chapelle, dans un  endroit rendu aujourd’hui à la forêt mais où subsistent les mêmes  chemins.
Cette chapelle a été vendue en tant que bien national du  clergé le 21 brumaire an V, à Henri Michel Lemaître, couvreur, demeurant  8 rue « du peuple français » à Versailles. Ce nom de rue a été attribué  par les Révolutionnaires au moment de la Terreur à une rue qui évoquait  certainement soit le christianisme, soit la monarchie. Il faut savoir  qu’à la même époque Lanluet Ste Gemme est devenu « Lanluets la  Montagne » !

L’histoire de cette chapelle remonte aussi au Moyen Age où  elle dépendait de la collégiale Notre-Dame de Poissy, église royale. A  la veille de la Révolution elle dépendait toujours de Poissy : l’abbé  Verrier, chanoine de Poissy en était le chapelain.

L’abbé Gauthier signale que Blanche de Castille y venait  souvent pour prier et la légende veut qu’une femme désirant un enfant  vienne faire sonner la cloche de la chapelle ou boire l’eau de la  fontaine en contrebas. Chaque 16 août une messe solennelle attirant  beaucoup de fidèles des paroisses voisines y était célébrée : c’est le  jour de la fête de St Gemme et de St Roch. 

         

Cette chapelle reçut des rois de nombreux présents et  notamment de somptueux ornements offerts par la Dauphine, mère de Louis  XVI, en 1749. Ces ornements sont à l’origine d’une violente querelle  entre Ste Gemme et Poissy en 1790.(voir Feucherolles Ste Gemme, 2000 ans  d’histoire, pages 105 à 108.)

Le cadastre napoléonien de 1819 ne fait plus mention d’un  quelconque bâtiment religieux à cet endroit mais d’un plus vaste  ensemble bâti. Cependant, en contrebas, le lieu-dit est appelé « côte de  la chapelle ».

La chapelle actuelle, rue de la chapelle justement, est  beaucoup plus récente : Mr et Mme Bonnet de Noisy le Roi avaient acquis  au début du siècle un terrain où, sur le pan d’un mur en ruine, était  nichée la statue de Ste Gemme.

     

  Maison avec statue de la Sainte (1929)

Ayant perdu un enfant, ils y firent construire une chapelle consacrée en août 1929 par l’évêque de Versailles.

Il est probable que ce mur en ruine ait fait partie d’une  abbaye cistercienne datant du XIIème siècle, devenue ensuite un prieuré  bénédictin dépendant de l’abbaye de Coulombs au XVème siècle. Il est  intéressant de noter ici que l’abbaye de Coulombs en Eure et Loir,  largement dotée par les Rois et seigneurs, est alors un des plus grands  propriétaires fonciers de la région. Philippe VI de Valois, le père de  Jean le Bon y meurt en 1350. C’est vraisemblablement l’origine du nom du  lieu-dit et de la résidence proche de l’église de Feucherolles.

Cependant, aucune abbaye, aucun prieuré, aucune ferme  appartenant à l’abbaye de Coulombs n’est vendu à Ste Gemme ou à  Feucherolles à la Révolution au moment de la vente des biens du clergé.

Cette chapelle n’est plus consacrée mais conserve tout son charme. 


L’église et le cimetière de Lanluet

Les quelques maisons composant le hameau de Lanluet à la  veille de la Révolution, sont situées à l’emplacement du club-house du  golf de Feucherolles.

Il en reste uniquement le lavoir qu’on peut apercevoir au départ du trou n° 10, lavoir construit en 1828.

L’église de Lanluet n’était pas située dans le hameau. Elle  était complètement isolée en plein marécage, à un quart de lieue du  village, dans un endroit désert propice aux voleurs. Cette situation  surprenante révélée par les paroissiens du village lorsqu’ils réclament  l’abandon de leur « vieille église St Martin » pour être rattachés à la  « fort belle église »  de Feucherolles, est attestée par le plan de  Feucherolles en 1750 et celui de Lanluet Ste Gemme en 1787. 

          

  

   










                        Plan de Feucherolles (XVIIIème siècle)                                                                                                                            Plan cadastral

         

L’église est dans un triste état et il est décidé de la  démolir lorsque la paroisse est réunie à Feucherolles. Il est vrai  qu’elle a été la cible de la foudre en 1723 comme l’explique le curé qui  a noté l’incident en marge des actes de baptêmes, mariages et décès.

Voici son récit en en respectant l’orthographe :

« Nota Lundi le vingt et un juin 1723  entre dix et onze heures du matin un orage des plus effroyables vint  fondre sur l’église de cette paroisse le tonnerre tomba sur la clocher  le foudroyant en plusieurs endroits en arracha plusieurs grosses pierres  rafla une grosse poutre du befroy par le haut, de là étant entré dans  l’église par de petites crevasses qui sont au-dessus du grand crucifix  qui est entre le chœur et la nef, il en éclata la croix du haut en bas,  ensuite il déchira le voile de Ste Barbe et les nappes de l’autel de la  Vierge, renversa les pots et les chandeliers dudit autel et laissa une  teinture violette sur un des gradins et vint éteindre un des cierges qui  étaient alumés au maître autel où je disais la messe et laissa une  fumée sulphureuse et si épaisse autour de moi qui me déroba à la vue de  mes paroissiens qui étaient en grand nombre dans l’église, j’en étais au  second mémento quand tout ce fracas arriva, personne ne fut blessé par  une protection visible du ciel. » (Registre d’état-civil, Mairie de Feucherolles)

Le cimetière est adjacent à l’église comme l’atteste le récit  d’incidents survenus en 1709 reportés dans les registres du conseil de  fabrique. En effet pour attraper les fruits de deux poiriers situés dans  le cimetière « le public éboule les murs et casse les fenêtres et les  tuiles de l’église à coups de pierres ».

Le 27 septembre 1814 le terrain où se situaient l’église et le  cimetière est vendu en deux lots égaux de 2 ares 47 centiares chaque à  Charles Joseph Durand, propriétaire à Versailles.

Le squelette sur lequel ont été retrouvées les pièces de  monnaie léguées à la commune par Jean-Pierre Euvé n’était donc pas dans  le cimetière de Feucherolles. Toute hypothèse peut-être envisagée !

Quant aux vases funéraires, perles etc… qui ont été découverts  au niveau de l’actuel Parc des Sports, ce sont des objets issus de  sépultures fort anciennes à mettre en rapport avec le sarcophage du  IVème siècle, découvert en 1946 par un excavateur dans la carrière  encore ouverte près de De Grasse Village. Les villa gallo-romaines et  les nécropoles mérovingiennes retrouvées lors de travaux le long de la  307, sont très nombreuses.

Voilà l’histoire des chapelles de Ste Gemme et celle de  l’église de Lanluet et de son cimetière telle qu’il m’a été possible de  les reconstituer, apportant ainsi quelques précisions aux travaux  effectués avec Henri Euvé, il y a quelques années ; ceci grâce à la  lettre de Jean le Bon déposée en mairie et aux cartes concernant  Feucherolles mises en lignes sur Internet par les Archives.

La preuve est faite : on n’a jamais fini d’écrire l’Histoire ! 


Sources

Archives communales :
Registre d’état-civil de Lanluet Ste Gemme.

Archives départementales des Yvelines :

Cadastre dit napoléonien : Feucherolles.

Série Q : séquestres révolutionnaires.

Je remercie les Archives départementales pour la relecture de la transcription du manuscrit de Jean le bon

Internet :
www.inventaire.culture.gouv.fr

Ouvrages consultés :
Le chevalier, la femme et le prêtre, Georges Duby, Hachette, 1982.
La forêt domaniale de Marly, son histoire et sa culture, Les Amis de St Nom la Bretèche, 1998.
Feucherolles Ste Gemme, 200 ans d’histoire, Any Allard – Henri Euvé